Parle-leur de tes rêves

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« Je sais que les Hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l’amour; au vide, ils répondent en construisant des châteaux et des temples. Ils s’accrochent à des récits, ils les poussent devant eux comme des étendards; chacun fait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage. On les conquiert en leur parlant de batailles, de rois, d’éléphants et d’êtres merveilleux; en leur racontant le bonheur qu’il y aura au-delà de la mort, la lumière vive qui a présidé à leur naissance, les anges qui leur tournent autour, les démons qui les menacent, et l’amour, l’amour, cette promesse d’oubli et de satiété. »

Mathias Enard, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants.

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          J’ai toujours gardé ces mots inscrits quelque part dans mes notes, puis, quelque part dans ma mémoire. Je ne sais pas si je les comprends comme il faudrait, d’ailleurs, je ne sais pas s’il y a vraiment une façon de les comprendre. C’est un mélange étrange, mais rassurant, de paroles à la fois vraies, poétiques, tristes, et belles. Et je crois que ce qu’il y a de plus étrange encore, c’est ce que ces quelques mots m’inspirent
L’apaisement d’une aversion pour toutes ces choses que je ne comprendrai jamais, mais que j’observe autour de moi, et dont je n’ose même plus parler, fatiguée que l’on me rit au nez. Alors, loin de cette naïve inconscience qui semble définitivement prospérer, je relis ces quelques mots et il me semble que finalement, le monde en ressort plus beau.

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          Je sais que je suis une enfant qui chasse mon désespoir par l’insouciance, mes peurs dans l’oubli; au vide, j’y réponds en créant des poèmes, des peintures et des clichés. Je m’accroche à des rêves, et les pousse devant moi comme des étendards. On me conquiert en me parlant d’art, de magie, de voyages et d’êtres merveilleux, en me racontant la liberté que connaîtra un jour le monde, la lumière vive qui nous servira de réveil, les anges qui nous tournent autour, et l’amour, l’amour, cette promesse d’oubli et de satiété.

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