C’est merveilleux, l’âge que tu as

On n’est pas sérieux, quand on a 17 ans. Et même si l’on ne connaît pas les tilleuls verts de la promenade, et même si l’on ne prend pas de bocks ou de limonades, je crois bien que l’esprit jeune est toujours resté aussi libre, même à travers le temps.

C’est merveilleux, l’âge que tu as. Ces paroles-là sont restées gravées dans mes pensées, et depuis qu’elle les a prononcées, elles reviennent continuellement se placer devant toute autre idée qui pourrait les devancer. C’est merveilleux, l’âge que tu as. Oui, certainement.. Mais alors, un autre serait moins beau ? C’est merveilleux, l’âge que tu as. Oui oui, apparemment.. Mais alors le reste, ça sera moins bien ?

feuilles(1)

Au fond ça fait peur 17 ans. On se sent au plus proche de la majorité. On attend de nous que l’on sorte du lycée avec un bac et des études toutes tracées qui nous emmèneront vers un métier, vers une vie active, vers un avenir. J’ai cette impression que l’on nous offre non pas la liberté de choisir notre vie, mais l’illusion d’être libre de le faire, en choisissant parmi différents avenirs proposés, celui qui nous conviendrait le mieux. Études, travail, mariage, enfants, maison.

Au fond ça fait peur 17 ans. Mais seulement à cause de vous. Vous qui regrettez, on ne sait pas tellement pourquoi, votre jeunesse. Qu’est-ce qu’elle avait de plus que votre vie actuelle ? Vous avez oublié de suivre vos rêves, c’est ça ? C’était trop niais, on vous a dit de retourner à la réalité, de redescendre un peu ? Et vous bien sur, vous avez écouté. Études, travail, mariage, enfants, maison.

Au fond ça fait peur 17 ans. J’ai peur qu’il existe une forme de changement d’esprit, qui s’opérerait de manière involontaire et irréversible au moment, disons, de prendre son envol, et qui me ferait perdre les ailes de mes 17 ans, celles qui me donnent des ambitions un peu différentes des autres, celles qui me donnent aussi une détermination à les rêver, les espérer, à les croire.

IMG_0352

IMG_0356

IMG_0590

On n’est pas sérieux, quand on a 17 ans. On décide de couper un morceau d’arbre pour le sculpter, on sort juste pour voir la Lune et les étoiles même si on sait qu’on les verra tous les soirs, et on écrit ce qu’on pense et ce qu’on voit. Peut-être que je perdrai mes ailes quand je serai une adulte, peut-être que je relirai tout ça en me disant que c’était merveilleux cet âge-là, et que j’étais portée par un espoir, que j’étais capable de m’envoler, simplement en y croyant.

Estelle heart copie

Publicités